Avoir un bébé à Barcelone : la grossesse

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Avoir un bébé à Barcelone, la grossesse

Ce n’est pas un secret, il suffit de se balader un peu à Barcelone pour savoir que la communauté française y est nombreuse ! Cet article est destiné aux futurs parents français et francophones  qui auront un bébé barcelonais. Le Bébécito est mon premier enfant, je n’ai donc pas eu l’expérience d’une grossesse en France, mais en écoutant les récits de mes soeurs et de mes amies, j’ai pu remarquer quelques différences. Premier volet de cette série « Avoir un bébé à Barcelone » : la grossesse ! Je précise que je parle de mon expérience, mon témoignage est donc subjectif.

L’annonce à l’entourage

Corrigez-moi si je me trompe mais j’ai l’impression que les Espagnoles sont un peu plus ouvertes sur le sujet de la grossesse que les Françaises, j’entends par là qu’il n’est pas rare d’entendre des couples dire qu’ils essaient d’avoir un enfant (qu’ils connaissent des difficultés ou non). De même, je ne suis pas sûre qu’il y ait un délai tacite de trois mois pour annoncer à son entourage, hormis aux gens très proches, qu’on attend un enfant.

En revanche, en Espagne comme en France, l’annonce à son ou sa responsable au travail doit se faire à la fin du premier trimestre. Ici c’est assez informel, pas de courrier recommandé comme cela peut se faire en France, il suffit de l’annoncer au bureau. Pas de but en blanc en passant près de la machine à café quand même, il faut respecter un peu de décorum, hi hi !

Comme en France, les futures mères peuvent s’absenter du bureau pour leurs rendez-vous médicaux tout au long de la grossesse.

Le suivi médical

Ma mutuelle m’a permis d’être suivie dans une clinique de Barcelone, la Dexeus (prononcer « Déchéousse »). Elle m’a été recommandée par plusieurs personnes. Je ne peux que vous la conseiller, le personnel est compétent et agréable, les locaux flambant neufs et l’équipement moderne (moi ça me rassurait). Elle est tout prêt du Camp Nou (on ne sait jamais, ça peut aider à se décider !).

On peut très bien être suivie par son CAP, le centre de santé de son quartier. J’en ai aussi de bons échos. J’ai d’ailleurs fait ma préparation à l’accouchement dans mon CAP, pour sa proximité et parce que la mutuelle ne prenait pas en charge ceux de la Dexeus. Si mes informations sont bonnes, on peut choisir l’hôpital public dans lequel on souhaite accoucher. Le CAP vous orientera vers un hôpital précis mais a priori, on peut en contacter un de son choix directement. Si je n’avais pas été à la Dexeus, j’aurais certainement choisi l’Hôpital Sant Pau. 

Le suivi  de la grossesse en tant que tel se rapproche des habitudes françaises : j’ai eu quatre échographies. Une de datation au tout début de la grossesse, une à 3 mois, une à 5 et la dernière à 39 semaines.

A chaque échographie, sauf pour la dernière, il y avait une vue en 3D. La clinique offre la possibilité de payer davantage pour avoir un DVD de prises de vues 3D, mais cela ne nous intéressait pas. Le test de la clarté nucale se réalise en même temps que l’échographie des trois mois, systématiquement, quel que soit l’âge de la maman.

Comme en France, il y a des prises de sang, le test de O’Sullivan pour la détection du diabète et un test cardiaque pour le bébé en fin de grossesse.

Mais il y a je crois une différence de taille entre les deux pays. S’il n’y a pas d’anomalie à l’échographie et lors des visites de contrôle mensuelles, la ou le gynécologue ne réalise pas de touchers vaginaux, hormis lors de la dernière visite avant la date prévue d’accouchement pour vérifier l’état du col. C’est important de le souligner, car je sais que certaines futures mères trouvent cette pratique trop systématique en France. Spain, one point !

Le congé maternité

Sur le papier, la durée du congé maternité, « baja maternal » est la même en France et en Espagne. Oui mais non ! En Espagne, les 16 semaines commencent à partir du jour de l’accouchement. En théorie, on peut donc travailler jusqu’au dernier jour de la grossesse. Dans les faits, beaucoup de femmes se font arrêter avant (moi c’était 6 semaines, comme en France) avec un arrêt de maladie, « baja por enfermedad ». Les médecins du CAP ne feront pas de chichi en voyant votre gros ventre ! Ils vous arrêteront pour un « effet secondaire » comme le mal de dos par exemple. Je précise bien que c’est le CAP qui peut vous arrêter, votre gynécologue privé ne peut pas rédiger d’arrêts de maladie.

Si vous êtes en arrêt maladie, vous ne toucherez pas l’intégralité de votre salaire. Il y a une carence de trois jours pendant lesquels vous ne percevrez rien. A partir du quatrième jour d’arrêt jusqu’au quinzième jour, vous percevrez 60% du salaire, à charge de l’entreprise. Du 16e au 20e jour, 60% du salaire, pris en charge par la sécurité sociale. A partir du 21e jour et au delà, 75% du salaire, pris en charge par la sécurité sociale.

Après l’accouchement, il faut aller au CAP et demander la levée de l’arrêt de maladie, « la alta » et faire la demande de congé maternité, « baja por maternidad » auprès de la Sécurité Sociale. A cette occasion, le père peut aussi demander sa « baja por paternidad » et bénéficier ainsi de 13 jours naturels de congé, payés à 100%. Pendant ces 16 semaines, votre salaire est pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale mais votre employeur continue à payer des charges sociales pour votre poste, c’est normal.

La réduction du temps de travail pour les mères allaitantes et le congé parental

Jusqu’aux 9 mois de son enfant, la mère qui travaille peut bénéficier d’une heure libre chaque jour sans perte de salaire pour allaiter, « la hora de lactancia ». Cette heure peut être prise en deux fois trente minutes, il faut s’arranger avec son ou sa responsable. Il est possible de cumuler ces heures  pour allonger la durée de son congé maternité à condition de poser ces jours juste après la fin des 16 semaines. Pour prolonger le congé maternité, vous pouvez aussi poser vos jours de congé. Attention, le congé maternité n’ouvre pas de droits aux congés, comme c’est le cas en France, ce seront donc les congés antérieurs à la baja por maternidad.

Enfin, pour les mères qui ne souhaitent pas reprendre le travail après les 16 semaines de baja maternal, les heures de lactancia cumulées et les jours de congés payés, il est possible de faire une demande de congé parental, « excedencia ». Celui-ci n’est pas du tout rémunéré, que ce soit par votre entreprise ou par la Sécurité Sociale. C’est ce que j’ai fait, en tout, entre le début de l’arrêt maladie, le congé maternité, les jours de congés, la lactancia et mon congé parental, je suis restée 9 mois à la maison. C’était bien ! 😀  Il faut envoyer une lettre à son entreprise avant la fin du congé maternité de 16 semaines pour solliciter ces congés supplémentaires.

N’hésitez pas à commenter si vous avez des questions, des remarques ou si vous souhaitez ajouter quelque chose ! Si vous ne vivez pas en Espagne ou en France, y’a t’il d’autres particularités dans votre pays de résidence ?

8 Comments

  • Julia dit :

    Bonjour!
    Article utile, merci! Peut etre aussi ajouter que faire tous les papiers, après l’accouchement, c’est un vrai parcours du combattant pour les parents non mariés, parce que la maman et le bébé doivent aussi se déplacer dans les différentes administrations, quelque soit l’etat de santé… Pour les parents mariés, je crois qu’il suffit que le papa fasse les démarches.

    • Flore dit :

      Salut Julia. Oui bonne idée, je le note pour le prochain article consacré à la naissance et aux démarches qui suivent 😉

  • Marie dit :

    Quelle chance d’avoir pu éviter les TV à chaque visite… j’ai également été suivie à la Dexeus et je n’y ai malheureusement pas échappé, malgré une grossesse qui se passait très bien. Comme quoi, il faut bien choisir son gynéco 😉

  • Hello Flore ! Wahou, tu as bien travaillé le sujet ! 🙂
    En ce qui me concerne j’ai été suivie par ma gynéco francophone et j’ai accouché dans la clinique où elle travaille : plutôt rassurant !
    Pour moi le plus difficile a été de savoir ce qu’il fallait faire après la naissance (inscription au registro civil notamment, puis à ma sécu), car ça ne nous a pas été très expliqué…
    Et sinon, quelques surprises sur les journées passées à la maternité : http://unefilledavril.com/2015/06/12/accoucher-en-espagne/

    • Flore dit :

      Coucou ! Une gynéco francophone ça doit être bien, mine de rien il faut en engranger du vocabulaire espagnol spécifique pendant cette période ! Pas mal aussi d’être accouchée par « son » médecin. A Dexeus c’était possible mais moyennement finances, alors finalement ce n’était pas ma gynécologue, le hasard a fait que le gynécologue de garde ressemblait à Barack Obama et l’infirmière à Shakira 😀
      Merci pour le lien, je me souviens avoir lu ton article et il faisait un peu écho à ce que disait Fanny de Babymeetstheworld. Je vais bientôt rédiger la suite et je le prendrai en compte 😉

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